L'APICULTURE EN AFRIQUE

Introduction

Le monde de l'Apiculture s'offre à vous !

Pourquoi ne pas devenir Apiculteur et entrer dans ce monde merveilleux de l'abeille ?

Bien sûr, vous pouvez débuter seul(e), mais dans ce cas, que de galères et de dépenses en perspective...

Tout d'abord, sachez que nous avons publié ce manuel récapitulatif de tout ce que vous devez faire pour débuter

C'est décidé.. vous voulez faire de l'apiculture ! Oui mais.. Comment démarrer ? Quelles conditions pour réussir en apiculture ? Suffit-il d'acheter une ruche complète ? Quand ? Où ?

Et puis, tout d'abord, Quel genre d'apiculture voulez-vous faire ? Souhaitez-vous uniquement avoir des abeilles pour polliniser votre verger et potager ? Simplement avoir des abeilles pour participer à leur sauvegarde écologique, Avoir des abeilles pour récolter un peu de miel pour votre seul bonheur sans en faire une activité lucrative ? 

A l'inverse, en faire une activité qui vous permette un complément de revenus ?

Une multitude de questions se posent auxquelles une multitude de réponses vous attendent. Malheureusement, il n'est pas toujours facile d'obtenir des réponses claires, que ce soit chez l'apiculteur du coin qui parle un peu trop technique-passion d'une part et, d'autre part, les innombrables ouvrages tous plus passionnants les uns que les autres.. Oui mais moi.. comment puis-je démarrer ? Par où commencer ?

L'apiculture est une branche de l’agriculture qui consiste en l’élevage d’abeilles à miel pour exploiter les produits de la ruche, principalement du miel. L’apiculteur doit procurer au rucher un abri, des soins, et veiller sur son environnement.

Pratiquée sur tous les continents, cette activité diffère selon les variétés d’abeilles, le climat et le niveau de développement économique. C’est une activité où se rencontrent encore aujourd'hui des méthodes ancestrales comme la récolte du miel par pressage des rayons, mais aussi des méthodes modernes comme l'extraction par force centrifuge, l’insémination artificielle, ou l’étude du trajet d'abeilles.

Qui ne s'interroge pas sur ce qu'il faut faire quand on souhaite devenir apiculteur ? Sans pour autant songer à en faire carrière, on peut vouloir faire quelque chose pour la planète, contribuer à l'effort de la sauvegarde de l'abeille, polliniser les vergers, potagers et autres cultures..

Est-ce que l'Apiculture est quelque chose de compliqué ? 

En rédigeant ce livre, j'ai voulu rédiger des renseignements sur l'essentiel des questions que vous vous posez.

Les chapitres dressent une synthèse destinée à guider vos premiers pas, quelque soit votre budget. Vous ne vous sentez peut-être pas l'âme d'un pro de l'apiculture ? Qu'il en soit ainsi ! Avouez qu'avoir la possibilité de manger son propre miel, c'est certainement bien meilleur que celui que l'on trouve en grandes surfaces, souvent issu de miels d'importation, de coupages de différents miels extraits à chaud provenant de différents pays non identifiés, etc.. etc...

Et puis, l'Abeille, ce n'est pas que le miel ! Outre le travail remarquable de pollinisation des végétaux qu'elle accomplit, elle nous offre une pharmacopée presque parfaite à elle toute seule en fournissant à l'homme pas moins de 7 produits réputés.

Une source de débouchés ? 

Pourquoi pas ... 

En attendant, ce livre est aussi une manière de vous montrer que vous êtes le ou la Bienvenu(e) dans notre monde merveilleux des Abeilles !

Pour nous, il ne fait aucun doute que l'apiculture appartient aux loisirs apaisants. Pouvoir observer les abeilles de près est une des merveilles que nous offre la nature n'est-ce pas ? 

En rédigeant ces lignes, fruit de nos expériences sur le terrain, notre objectif est d’offrir aux paysans de l’Afrique intertropicale un programme clair et approprié qui leur servira de fil conducteur dans la création et le suivi de leur rucher. Débutants, chevronnés et apiculteurs traditionnels, tous vous êtes concernés.


 

Introduction

Introduction

L’apiculture est née depuis plus de trois milles ans.

En effet il a été découvert des scènes apicoles sur des gravures rupestres de l’Égypte antique datant de 2400 ans avant Jésus Christ. Les pharaons ont été les premiers à élever des abeilles de race égyptienne dans des ruches en terre glaise, empilées les unes sur les autres. On pratiquait également à l'époque l'apiculture transhumante. Le miel était la nourriture délicieuse réservée aux rois et aux nobles. Les papyrus de l'époque pharaonique font état de l'emploi du miel en médecine. Le Coran en fait également mention.

Mais l’apiculture n’a connu un début de modernisation qu’au dix-neuvième (19e) siècle avec la passion de certains scientifiques comme L. Langstroth pour la vie des abeilles.

Aussi depuis ce début de modernisation jusqu’à nos jours, l’apiculture africaine a dû connaitre une certaine évolution. Et aujourd’hui force est de nous poser la question de savoir  l’état actuel des choses quand on connait ce glorieux passé.

En Afrique,  les températures sont élevées dans certaines régions du nord du continent, tandis que les hautes montagnes de l'est africain y rendent le climat plus agréable. La population de l'Afrique ne représente que 10% environ de la population mondiale totale.

Les pays les plus peuplés sont le Nigeria, l'Éthiopie, l'Égypte et ceux de la zone des lacs de l'est africain. Sur la superficie totale de l'Afrique 20% sont occupés par les forêts, 40% par la savane et 40% par le désert. 

Les principales plantes cultivées sont le palmier à huile, les arachides, le cacaoyer, le cotonnier et l'hévéa. Dans les régions méditerranéennes où le climat est doux on produit des agrumes (oranges, pamplemousses) et autres fruits et légumes. 

Les pays est-africains exportent de très importantes quantités de cire d'abeilles. L'Éthiopie et la Tanzanie fournissent environ 2,5% et, respectivement, 1,15% de la production mondiale de miel.

En Égypte, au Kenya et en Tanzanie on l’utilise pour abriter les abeilles des ruches qui ne sont que peu connues dans les autres pays du continent africain.

En Afrique, l’apiculture dite moderne s’est signalée à des moments différents selon les régions et pays.

Le miel est réputé depuis le début de l'apiculture pour ses nombreuses vertus, et possède la particularité d'être imputrescible.

Il est produit par les abeilles dans le but de constituer des réserves. Ces réserves sont consommées quand les abeilles ne peuvent aller se nourrir à l'extérieur (intempéries, hiver, absence de floraison...).

En moyenne, chaque abeille transporte dans son jabot 0,025 g de nectar de fleur (matière-première pour la fabrication du miel). Un gramme de nectar nécessite que les abeilles visitent 8 000 fleurs. 

Un kilogramme de miel correspond ainsi à 5,6 millions de fleurs visitées et 40 000 km de parcourus. Pendant une bonne année, une ruche très forte peut produire près de 100 kg de miel.

Autrefois, la récolte du miel nécessitait de chasser les abeilles et de détruire la ruche (pressage des rayons). La domestication des abeilles et la conception de ruches modernes permet aujourd'hui de récolter du miel sans porter atteinte à la colonie, si ce n'est en la dérangeant.





Histoire

Introduction

L’Afrique du Nord

En Afrique du Nord, les travaux de recherche moderne ont eu lieu en Algérie en 1903  avec doumas.

L'apiculture est pratiquée surtout dans le Nord où la flore mellifère fournit une miellée pendant presque toute l'année.

La principale miellée s'étend de février à mai ou de juin à juillet selon les pays. Dans les zones désertiques  où les températures sont très hautes et les vents violents, on a trouvé des ruches traditionnelles en pierre et en terre glaise. Les ruches modernes utilisées dans ces régions, sont principalement du type Langstroth auquel certaines modifications apportées sont liées au climat très chaud. On obtient de bonnes récoltes de miel des colonies logées dans ces ruches.

Les abeilles mellifères sont employées pour la pollinisation des cultures plantées sur des terres améliorées récemment. Les principales espèces mellifères sont les agrumes, le tournesol et les nombreuses plantes sauvages. Les colonies reçoivent des suppléments de pollen et du sirop en vue de favoriser leur développement et l'obtention de populations fortes pour la pollinisation.

Les organisations coopératives sont très actives en apiculture. Les activités de recherche sont conduites par des instituts spécialisés dans le domaine.

Il faut ajouter aussi que les ruchers Nord Africains sont plus victimes des maladies du couvain (loques américaines et européennes couvains ensachés) et les maladies des adultes (Amoeba, Nosema) que par l’attaque de leurs prédateurs naturels. 

Pour ce qui est de ces derniers, il faut dire qu’ils sont divers selon le pays ou les territoires où l’on se situe. L’on rencontre les oiseaux, les guêpes et les fourmis.


L’Afrique de l’EST

Il faut dire qu’en plus d’être propice à l'apiculture en proportion de 80% y compris certaines zones arides, cette région doit une part considérable des revenus de son économie  à cette branche de l’agriculture.  Par le passé les abeilles européennes ont été importées afin de dynamiser la production.

Cependant, même conduites convenablement, elles sont moins utiles que les abeilles mellifères africaines. Les abeilles importées doivent faire face à la concurrence pour les ressources nourricières avec des abeilles africaines, mieux adaptées à l'environnement tropical et dont elles doivent aussi se défendre.

La cire est un produit de la ruche important dans le cas de l'apiculture traditionnelle. La Tanzanie est l'un des principaux exportateurs de cire dans le monde. En 1973, elle a enregistré 275 tonnes de cire exportées.

Douze races d'abeilles africaines ont été décrites. A.m. scutellata est supérieure aux races européennes. La production annuelle moyenne d'une colonie d'A. m. scutellata en ruche traditionnelle est de 15 kg de miel et 1 kg de cire. La production de miel est fournie principalement par les petits apiculteurs qui utilisent des ruches traditionnelles pour les abeilles mellifères africaines. Plus de 95% de l'apiculture est concentrée dans la zone boisée. Le miel et la cire sont employés en médecine traditionnelle pour préparer des remèdes destinés à traiter différentes maladies.

Le secteur apicole est très bien organisée (organisations interprofessionnelles, organismes    techniques. . .) dans cette région, ce qui lui donne un avantage certain quant à la réalisation des programmes de développement.

Nous notons aussi que la plupart des races africaines d'abeilles abandonnent leurs nids.

L'abandon a plusieurs causes: l'essaimage reproductif, la migration et la désertion. Ces abeilles se défendent très bien contre les intrus. Par la sélection, on pourrait obtenir des abeilles plus douces.

Toutefois, l'apiculture en Afrique de l’Est a de bonnes perspectives de développement dans l'avenir.


AFRIQUE DE L’OUEST

Cette région est couverte en majorité par la forêt tropicale. La végétation de savane riche en plantes mellifères occupe une bande étroite sur la côte sud et dans les régions du nord. L'apiculture traditionnelle est basée sur l'emploi des matériaux locaux et présente des différences en fonction de la zone écologique (forêt ou savane) et des coutumes particulières aux divers groupes ethniques (par exemple, l'emploi des pots en terre pour loger les abeilles chez les populations du cours moyen de la Volta). Dans la majorité de tous les pays d'Afrique Occidentale, les interactions homme - abeille mellifère sont caractéristiques des régions tropicales où vivent de nombreuses espèces d'abeilles. Les chasseurs de miel exploitent les nids des essaims sauvages d'A.m. adan-sonii et d'abeilles sans aiguillon. La saison apicole va de septembre à avril, avec un pic de production pas très important en novembre - décembre. Le miel produit est destiné au marché intérieur.

Les chasseurs de miel utilisent des méthodes qui impliquent la destruction totale ou partielle de la colonie avant l'enlèvement des rayons du nid, la séparation des rayons de miel de ceux de couvain et l'extraction du miel. Pour cette dernière opération les rayons sont mis à égoutter ou pressés ou encore chauffés, voire brûlés. La qualité du miel dépend de la période de l'année et de son origine géobotanique. La production de miel est importante quelle que soit sa destination: marché intérieur ou international. On a effectué l'analyse des miels provenant des différentes régions, en vue de leur emploi en alimentation et dans l'industrie alimentaire. Suite à cela, la méthode de la cueillette du miel à la lumière du jour a été adoptée.

Malgré la production importante, le secteur apicole est négligée au profit de l’agriculture (café, cacao, hévéas ...).


L’Afrique du Sud

Dans cette région de l’Afrique, Apis mellifera scutellata ressemble beaucoup à l’italienne. Bien adaptée à ce climat sec, aux prédateurs de toutes sortes, cette abeille se comporte naturellement très agressive (ou défensive selon le point de vue). Pour l’apiculteur une bonne protection est donc indispensable.

Le plus grand prédateur des abeilles locales est le philante apivore. Toute une gamme d’astuces est testée pour réduire les grandes pertes de butineuses que provoque ce genre de guêpes. Par centaines ils attendent de bon matin sur le toit des ruches la sortie des butineuses, interrompant ainsi leur envol pour la journée. Des grillages au trou de vol évitent que lézards, serpents, sphinx tête de mort et autres ennemis envahissent les ruches.

Lorsqu’il y a une importante miellée, cette abeille a « le don de transformer » la majeure partie de la population de la ruche en abeilles butineuses. Le couvain entre temps se réduit en conséquence. Les hausses sont très vite pleines, y compris les cadres à couvain.  La Scutellata est, lorsqu’il y a miellée, une bonne et rapide butineuse. Les arbustes et arbres de la région sont bons producteurs de pollen et de nectar car leurs racines sont capables de trouver l’eau à de grandes profondeurs.

Après les miellées commencent l’essaimage ; à ce moment, il y a très peu de couvain des ruches. De petits essaims l’un après l’autre quittent la ruche. On n’essaye pas de l’éviter, ça ne servirait à rien. L’essaimage terminé les ruches sont presque vides, la nature est ainsi faite : plusieurs petits essaims ont plus de chance de survie dans un environnement hostile, qu’un seul gros. Les pertes d’abeilles sont compensées par la capture d’essaims ou de colonies sortis d’arbres creux, grottes, ou de « vieilles collines » de termites. L’élevage de reines est quasi absent comme dans toutes les autres régions d’Afrique. Cette race d’abeille est très rustique et ne connaît guère de maladie. La fausse teigne toutefois est bien présente. 

Les miels de cette zone peuvent être clairs ou très foncés avec des arômes très intenses. Le miel est surtout consommé à la ferme, conservé aussi pour les années de disette, car on ne récolte pas tous les ans. Les magasins proposent du miel importé d’Afrique du sud.

Ces apiculteurs  possèdent en moyenne une quinzaine de ruches. Leurs connaissances en apiculture sont plutôt élevées. Ils connaissent très bien les plantes mellifères et leur époque de floraison.


L’Afrique Centrale