La conversion de son rucher à l’agriculture biologique est une opération qui prend du temps et de l’énergie. C’est la période de transition entre l’agriculture conventionnelle et le moment où le rucher pourra vendre ses produits certifiés sous le label européen AB. La conversion dure un an et débute au moment où l’apiculteur notifie son activité auprès d’un organisme certificateur et respecte rigoureusement les principes du cahier des charges européen de production biologique.
Voici quelques recommandations pour réussir son passage à l’apiculture bio.
Nous sommes conscients de notre responsabilité envers la nature et à l’égard des hommes et des femmes qui travaillent avec elle. Nous voulons concilier notre travail avec les cycles naturels et les conditions cadres économiques.
Nous travaillons jour après jour corps et âme à cette Vision commune.
Localisation des ruches, nourrissement (et plus généralement intrants) biologiques, abandon de la pharmacopée chimique de synthèse : voici les principaux points règlementaires du cahier des charges de l’apiculture bio.
On parle d’apiculture biologique si l’apiculteur respecte les pratiques du cahier des charges européen, et s’il obtient sa certification à l’issue d’un contrôle rigoureux. Le miel bio existe bel et bien, c’est un produit issu de l’agriculture biologique, contrôlé et certifié par un organisme indépendant agréé. Les autres produits de la ruche (pollen, gelée royale, propolis, …) peuvent également être certifiés bio.
Qu’on ne s’y trompe pas : la certification Agriculture Biologique, en apiculture comme dans les autres filières, est d’abord une obligation de moyens et non de résultats. Le cahier des charges européen est en effet basé sur la volonté d’assainir les pratiques agricoles pour tendre vers une amélioration globale et progressive de la qualité des aliments et une diminution des pollutions.
Les contrôles ciblent donc en priorité les méthodes, les produits et les itinéraires techniques employés par les apiculteurs.
L’apiculture biologique fin 2015 en France, c’est:
En 2015, l’Union européenne comptait 791 000 ruches biologiques. Les principaux pays producteurs de miel bio sont l’Italie, la Bulgarie, la France et la Roumanie.
Au-delà de la description des règles techniques défendues, les cahiers des charges ont une fonction pédagogique qui s’intègre dans un Système Participatif de Garantie.
Les cahiers des charges sont constitués d’une partie réglementaire qui fixe les conditions techniques sous la forme d’une échelle progressive d’exigence à savoir:
«Recommandé» (ce qui correspond à la vision idéale).
«Autorisé» (pratiques tolérées mais nécessitant une recherche pour aller au-delà).
«Interdit» (pratiques dénoncées, qui ne peuvent être tolérées).
Dès lors qu’il n’est pas expressément «recommandé» ou «autorisé», tout procédé / ingrédient / intrant est interdit.
Ce guide a pour vocation de rendre les cahiers des charges accessibles et didactiques dans le cadre du Système Participatif de Garantie.
« Au-delà des aspects techniques du cahier des charges, être apiculteur bio c’est d’abord et avant tout changer radicalement d’état d’esprit, c’est décider une bonne fois pour toutes d’entrer dans un monde de collaboration plutôt que d’affrontement.
Avec nos abeilles d’abord : l’apiculteur bio s’attache beaucoup plus à respecter le cycle de vie naturel de l’abeille, à accompagner le développement de ses colonies plutôt qu’à les diriger.
Avec notre environnement ensuite, notamment parce que la relation entre apiculteurs et agriculteurs bio est à l’opposé de ce qu’elle est dans le monde conventionnel: agriculteurs et apiculteurs bio dépendent tout autant les uns des autres que l’abeille et son environnement dépendent l’un de l’autre.
Avec nos clients également : que ce soit en vente directe ou via le circuit de distribution spécialisée bio, on parle d’abord et avant tout de partenariats locaux basés sur la durée plutôt que de négociations commerciales dictées par les cours mondiaux…
Enfin et pour couronner le tout, dans un secteur où la suspicion sur la qualité du produit est maintenant malheureusement de mise, l’apiculteur bio choisit de lui-même de rentrer dans une démarche de qualité très contrôlée, dans une démarche de transparence qui le distingue assez radicalement du monde conventionnel.
Tout apiculteur qui décide de s’installer en bio ou de convertir son exploitation doit énormément travailler sur ces différents aspects avant même de s’attaquer aux difficultés techniques, en prenant contact avec ses futurs partenaires : agriculteurs, responsables de magasins bio, organismes certificateurs et structures syndicales…
L’aventure humaine y est radicalement différente : elle y est diverse, ouverte, changeante et infiniment collaborative et c’est finalement là la vraie richesse de la démarche bio. »
L’élevage bio doit se conformer aux besoins spécifiques des différentes espèces animales et tenir compte des deux grands principes de la bio qui sont le lien au sol et le respect du bien-être animal.
Les animaux, nourris avec des aliments naturels, sains et variés, sont eux-mêmes sources de fumure organique permettant le maintien de la fertilité des sols. L’efficacité économique de l’élevage repose très fortement sur ses possibilités d’autonomie alimentaire.
C'est le cadre général de l'agriculture biologique :
Le règlement (CEE) n° 2092/91 modifié du 24 juin 1991, en particulier, les 7e et 11e considérants, les articles 4 § 7, art. 5 § 4a, § 8, art. 7 § a, art. 11 § 6a, art. 12, annexe III a, § 9, annexe IV c.
La pratique de l'apiculture met en évidence deux fonctions :
C'est une pratique de l'apiculture qui a pour ambition :
Référence à l'agriculture biologique pour le miel et les autres produits de la ruche
La référence à l'agriculture biologique pour le miel et les autres produits de la ruche implique que le producteur se soit engagé à respecter le présent cahier des charges et qu'il ait accepté de se soumettre au système de contrôle prévu par le règlement européen n°2092/91/CEE modifié.
Ce droit à produire en utilisant la référence à l'agriculture biologique s'étend à l'ensemble du territoire français, aux conditions fixées par le présent cahier des charges, en respect du principe de continuité territoriale.