Les quatre ascenseurs du canal du Centre
by Eric Leroy
Dépôt légal: Janvier 2015
Les quatre ascenseurs du canal du Centre et leur site,
La Louvière et Le Roeulx (Hainaut)
Le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a décidé d'inscrire ce site sur la Liste du patrimoine mondial
Les quatre ascenseurs du Canal du Centre et leur site,
La Louvière et Le Rœulx:
l'ascenseur n°1 - Houdeng-Gœgnies,
l'ascenseur n°2 - Houdeng-Aimeries,
l'ascenseur n°3 – Bracquegnies,
l'ascenseur n°4 – Thieu
L'idée d'une voie navigable entre les bassins hydrographiques de l'Escaut et de la Meuse ne date pas d'aujourd'hui ni d'hier, mais remonte au XIIIe siècle.
A cette époque, la Haine n'est qu'un gros ruisseau tortueux et envasé, pourtant la découverte du charbon de terre dans le Borinage et son exploitation croissante, va pousser les habitants à utiliser les rivières pour le transport de ce combustible. Ils seront suivis plus tard par les exploitants charbonniers.
Ainsi commence l'histoire du canal du Centre...
Les quatre ascenseurs hydrauliques pour bateaux, regroupés sur un court segment de l'historique canal du Centre, constituent des monuments industriels de la plus haute qualité.
Avec le canal lui-même et ses structures associées, ils offrent un exemple remarquablement bien préservé et complet d'un paysage industriel de la fin du XIXe siècle.
Des huit ascenseurs hydrauliques à bateaux édifiés à cette époque et au début du XXe siècle, les quatre ascenseurs du canal du Centre sont les seuls au monde subsistant dans leur état originel de fonctionnement.
La section La Louvière-Thieu héberge les quatre ascenseurs à bateaux du Canal du Centre.
Le premier permet de rattraper une dénivellation de 15,40 mètres, les trois autres de 16,93 mètres chacun.
Au total, ils permettent de rattraper une dénivellation de 66 mètres.
Ces ascenseurs pour bateaux, entièrement mus par la force hydraulique, font désormais partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Ils ne sont toutefois plus utilisés que pour le tourisme, depuis la mise en service, en 2002, du nouvel ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu, construit en parallèle à l'ancien canal, pour de grands gabarits (1350 tonnes).
Les quatre ascenseurs hydrauliques pour bateaux, regroupés sur un court segment du canal du Centre, constituent des monuments industriels du plus grand intérêt. Avec le canal lui-même et les structures qui lui sont associées, ils offrent un exemple remarquablement bien préservé et complet d'un paysage industriel lié à l'eau, de l'Europe de la fin du XIXe siècle. Des huit ascenseurs hydrauliques à bateaux édifiés à cette époque et au début du XXe siècle, les quatre du canal du Centre sont les seuls au monde à subsister dans leur état de fonctionnement originel.
Le Hainaut ne possède pas une large voie navigable naturelle, ce qui compliqua le transport du charbon découvert dans la région du Borinage et autour de Charleroi à la fin du XIIe siècle, qui devait être acheminé sur de mauvaises routes. On le transportait à dos d'homme jusqu'à la sinueuse rivière de la Haine, où il était chargé sur de petits bateaux. Des travaux considérables (notamment la construction de portes d'écluse et de retenues) furent entrepris pour améliorer la navigation sur la Haine au cours des siècles qui suivirent, afin que de plus grands bateaux puissent transporter le charbon de Jemmapes à la basse Schelde OK?ou Escaut inférieur?. Avec le transfert de la région de Condé à la France, en 1655, on commença à discuter du projet de liaison de Mons à la Schelde par un canal, mais aucun progrès ne fut fait en ce sens jusqu'au début du XIXe siècle.
Le canal Charleroi-Bruxelles fut terminé en 1832, et les segments de Houdeng et de Mariemont, qui devaient jouer un rôle important dans le développement du canal du Centre, en 1839. Un décret impérial de Napoléon Ier ordonna, en 1807, la construction d'un canal entre Mons et Condé, qui fut complété en 1818. Avec le canal de Saint-Quentin, terminé au cours de la même année, les charbonnages du Borinage étaient désormais directement reliés à Paris. Un seul élément manquait encore à ce réseau de canaux reliant la Schelde à la Meuse, le canal entre Mons et Charleroi, connu sous le nom de canal du Centre ; cette proposition avait été approuvée, en 1810, par Napoléon Ier .
Des études avaient été menées par le gouvernement belge pour surmonter deux problèmes techniques majeurs, la faible quantité d'eau disponible et l'importante dénivelée du terrain (89,46 m). Le principal problème résidait dans la partie supérieure du canal, creusé dans la vallée de la Thiriau. La dénivelée était telle dans ce secteur qu'on jugea préférable de la compenser par des ascenseurs hydrauliques plutôt que par des écluses : quatre ascenseurs du type mis au point par l'ingénieur britannique Edwin Clark devaient être suffisants, avec une différence de niveau de 15,40 m pour l'un d'entre eux, et de 16,93 m pour les trois autres. L'appel d'offre fut lancé, et la construction de l'ascenseur n° 1, situé à Houdeng-Gœgnies, fut achevé en avril 1888 ; il fut inauguré le 4 juin de cette même année par le roi des Belges, Léopold II.
Les ascenseurs hydrauliques du canal du Centre ne sont pas les premiers au monde par leur ancienneté, mais ils sont les seuls aujourd'hui à encore fonctionner à la même énergie qu'au moment de leur construction. C'est-à-dire à la seule force hydraulique.
Le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a décidé d'inscrire ce site sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (iii) et (iv) :
Critère (iii) : Les ascenseurs pour bateaux du Canal du Centre sont un témoignage exceptionnel des remarquables développements de l'ingénierie hydraulique du XIXe siècle en Europe.
Critère (iv) : Ces ascenseurs pour bateaux représentent l'apogée de l'application de l'ingénierie à la construction de canaux.
Le Comité a décidé d'inscrire ce site sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères suivants:
- Les ascenseurs pour bateaux du Canal du Centre sont un témoignage exceptionnel des remarquables développements de l'ingénierie hydraulique du XIXe siècle en Europe.
-Ces ascenseurs pour bateaux représentent l'apogée de l'application de l'ingénierie à la construction de canaux
Les quatre ascenseurs du canal du Centre entre La Louvière et Thieu (Belgique) sont parfaitement entretenus.
Après plus d'un siècle d'existence, ils sont les derniers au monde à fonctionner selon les principes hydrauliques d'origine.
Suite à la construction du nouvel ascenseur funiculaire de Thieu qui permet le passage des péniches de 1350t, les anciens ascenseurs sont destinés à un tourisme sans cesse grandissant.
FAITES UN BOND DANS LE PASSÉ...
Et partez à la découverte de ces ouvrages intemporels ! Laissez-vous séduire par le charme centenaire des ascenseurs hydrauliques, permettant de pallier chacun une dénivellation d'environ 17 mètres grâce à une seule source d'énergie : l'eau !
Les quatre ascenseurs hydrauliques du Canal du Centre historique constituent un exemple remarquablement préservé et complet d'un paysage industriel de la fin du XIXème siècle.
Des vestiges centenaires, uniques au monde et toujours en activité.
Le ministre Robert Collignon, chargé de l'aménagement du territoire, du logement et du budget à la région wallonne, l'a annoncé officiellement hier au cours d'une visite sur les lieux : les quatre ascenseurs hydrauliques de Houdeng, Bracquegnies et Thieu, mis en service à la fin du siècle dernier sur le canal du Centre, ainsi que les ponts-levis entre les infrastructures 2 et 3, sont classés comme monuments.
L'ensemble formé par ceux-ci, tout comme les berges boisées, sont également classés comme site.
Je crois que c'était une démarche essentielle, a déclaré Robert Collignon, parce qu'ils constituent un ensemble unique au monde, seuls à grouper quatre ascenseurs successifs et encore en activité. Sans oublier qu'ils sont le témoignage de notre réussite technique et industrielle.