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Shams Din al-Din Abu 'Abdallah Muhammad ibn 'Abdallah ibn Muhammad ibn Ibrahim ibn Yusuf al-Lawati al-Tanji Ibn Battûta Ibn Hamid Al Ghazi
EN 1325, un jeune homme quitte la ville marocaine de Tanger. Il entreprend la première d’une série d’expéditions qui le mèneront jusqu’à certaines des parties les plus reculées du monde connu d’alors, dont la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Mali, la Perse, la Russie, la Syrie, la Tanzanie, la Turquie et tous les pays arabes. Son nom : Abu Abdallah ibn Battuta. Il parcourra quelque 120 000 kilomètres, exploit inégalé avant l’ère de la vapeur.
On l’a appelé le voyageur de l’Islam ou le plus grand voyageur des temps prémodernes. Ses mémoires, rédigés lors de son retour définitif après presque 30 années de pérégrinations, font la lumière sur beaucoup de facettes de la vie et de la culture au XIVe siècle, notamment dans le monde médiéval musulman.
Ibn Battuta (ابن بطوطة, Ibn Batuta ), de son nom complet Abu Abdallah Muhammad Ibn Abdallah al-Lawati at-Tanji Ibn Battuta , né le 24 février 1304 à Tanger et mort en 1377 à Marrakech, est un explorateur et voyageur qui a parcouru près de 120Tombouctou au sud, jusqu'à l'ancien territoire du Khanat bulgare de la Volga au nord, et de Tanger à l’ouest jusqu'à Quanzhou en Extrême-Orient.
Ses récits sont compilés par Ibn Juzayy en un livre appelé Tuḥfat al-nuẓẓār fī ʿağāʾib l-amṣār wa-ġarāʾib l-asfār .
Toutefois, il faut rester prudent sur la fiabilité de ses écrits, certains historiens doutent qu'Ibn Battuta ait réellement effectué la totalité des pèlerinages et voyages apparaissant dans ses écrits.
bn Battuta est né parmi les Luwatas, un groupe ethnique d'origine berbère dont une partie s'est établie au nord-ouest du Maroc, au sud de la ville d'Asilah 4, au sein d'une famille de lettrés musulmans.
Dans sa jeunesse, Ibn Battuta étudie le fiqh du malékisme, puis décide, à l'âge de 21 ans, de partir accomplir un pèlerinage à la Mecque.
1325-1327 : premier pèlerinage à La Mecque (le hajj) par le Maghreb, exploration de la vallée du Nil, de la Syrie, de l'Irak et des villes d'Iran ;
1328-1330 : deuxième pèlerinage à La Mecque en passant par les côtes du sud de la péninsule arabique jusqu'à Kilwa kisiwani et sur les côtes africaines de culture swahilie ;
1330-1346 : troisième pèlerinage à La Mecque, exploration de la Turquie, la mer Noire, l'Asie centrale, l'Inde, Ceylan, Sumatra, la Malaisie et la Chine jusqu'à Pékin ;
Je sortis de Tanger, lieu de ma naissance, le jeudi 2 du mois de redjeb, le divin et l’unique, de l’année 725 [14 juin 1325], dans l’intention de faire le pèlerinage de La Mecque et de visiter le tombeau du Prophète. (Sur lui soient la meilleure lumière et le salut !) J’étais seul, sans compagnon avec qui je puisse vivre familièrement, sans caravane dont je pusse faire partie ; mais j’étais poussé par un esprit ferme dans ses résolutions, et le désir de visiter ces illustres sanctuaires était caché dans mon sein.
Je me déterminai donc à me séparer de mes amis des deux sexes, et j’abandonnai ma demeure comme les oiseaux abandonnent leur nid. Mon père et ma mère étaient encore en vie. Je me résignai douloureusement à me séparer d’eux, et ce fut pour moi comme pour eux, une cause de maladie. J’étais alors âgé de vingt-deux ans.
1325-1327 : premier pèlerinage à La Mecque (le hajj) par le Maghreb, exploration de la vallée du Nil, de la Syrie, de l'Irak et des villes d'Iran ;
L’objectif d’Ibn Battuta est de visiter les lieux saints et d’accomplir le hadj, pèlerinage de La Mecque, exigé de tout musulman adulte financièrement et physiquement en mesure de voyager. La Mecque se trouve à environ 4 700 kilomètres à l’est de sa ville natale. Pour des raisons de sécurité, le Tangérois se joint à des caravanes, comme le font la plupart des pèlerins.
Ayant un père cadi (juge musulman), Battuta a lui-même reçu une formation de cadi, la meilleure qu’offrait la ville. L’apprenant, ses compagnons de voyage l’élisent juge de tout litige qui surviendrait en route.
À l'origine simple pèlerin berbère, musulman coutumier, Ibn Battûta profite de la place occupée par l'Islam et la langue arabe qui facilitèrent grandement ses déplacements. Il profite également du développement du commerce puisqu'il se joint souvent à des caravanes, ou embarque sur des vaisseaux marchands musulmans. Il rencontre de nombreuses personnalités et devient souvent leur conseiller lors de ses périples à rallonge.
Nous arrivâmes à Baït elmokaddes [Jérusalem], que Dieu la glorifie ! C’est elle qui, sous le rapport de l’illustration, vient immédiatement après les deux nobles temples, et c’est là qu’eut lieu l’ascension de l’envoyé de Dieu vers le Ciel. La ville est grande, illustre et construite en pierre de taille. Le roi, pieux, noble, Salâh eddîn, fils d’Ayoub (que Dieu le récompense pour le bien qu’il a fait à l’islamisme !), lorsqu’il fit la conquête de cette ville, détruisit une partie de son mur d’enceinte. Ensuite Almélic azzhâhir compléta sa démolition, de crainte que les Francs ne s’emparassent de la ville et ne s’y fortifiassent. Cette ville n’avait pas auparavant de canal ; et c’est l’émir Seïf eddîn Tenkiz, gouverneur de Damas, qui de notre temps y a conduit l’eau.
La caravane fait halte à Bosra pour quelques jours. Plus loin, il passe près « de la demeure des Thamûd creusée dans des montagnes de grès rouge avec des seuils sculptés et qu'on croirait construites récemment. Les ossements cariés sont à l'intérieur des demeures. » Il s'agit certainement du site de Al-Hijr (Hijra ou Hegra, aujourd'hui plus connu sous le nom de Mada'in Saleh) en Arabie saoudite où la plupart des abris creusés dans la falaise n'étaient pas des maisons mais des tombeaux, mais l'interprétation d'Ibn Battûta va dans le sens du Coran
Quant aux habitants de Hijr qui avaient traité les prophètes de menteurs
Et qui s'étaient détournés de Nos signes, quand Nous les leurs avions fait parvenir,
se contentant de creuser leurs demeures dans le roc des montagnes en toute sécurité,
eux aussi furent saisis par le cri terrifiant au lever du jour,
et tout ce qu'ils possédaient ne leur a en rien servi
Arrivé à Médine, Ibn Battûta va se recueillir sur la tombe de Muhammad. Il raconte les diverses étapes de l'agrandissement de la mosquée et des querelles que cela amena entre les divers clans de la famille. Après avoir fait le tour des sites que Muhammad avait fréquentés, il repart pour La Mecque. Ibn Battûta fait une assez longue et précise description des lieux et des rites du pèlerinage.
Dix jours après la fin du pèlerinage, il part avec une caravane en direction de l'Irak (17 novembre 1326).
La caravane longe la côte nord-africaine jusqu’en Égypte. Battuta y découvre le célèbre phare d’Alexandrie, l’une des merveilles du monde antique.
En janvier 1326, il arrive à Alexandrie. Ibn Battûta donne une description détaillée du phare d'Alexandrie et signale qu'à son retour en 1349 il ne trouva sur ces lieux qu'un tas de ruines.
1328-1330 : deuxième pèlerinage à La Mecque en passant par les côtes du sud de la péninsule arabique jusqu'à Kilwa kisiwani et sur les côtes africaines de culture swahilie ;